C’était la question que nos amis français nous ont souvent posée à notre arrivée en France, et que nous posent toujours nos connaissances franco-anglaises. Nous sommes ici
maintenant depuis presque trois ans et nous n’avons pas à regretter cette décision. J’ai donc décidé d’expliquer nos raisons, ainsi que les
motivations de nos ‘interrogateurs’.
Nous avons commencé nos fréquentes visites en France au début des années 90, suite au jumelage entre notre ville Wirksworth en Angleterre et Die dans la Drôme. Après maintes visites nous avons
pensé à déménager pour le sud de la France à notre retraite. Mais le Languedoc avec ses ciels ouverts nous attirait d’avantage que les préalpes de la
Drôme. Contrairement à beaucoup de nos connaissances, nous voulions habiter de préférence dans une ville avec ses services médicaux, culturels &c. accessibles à pied, pas dans un village
éloigné d’où il nous faudrait sortir en voiture pour faire les courses. Nous cherchions une maison rélativement moderne, qui demanderait ni gros
travaux ni beaucoup d’entretien.
Nous avons rencontré quelques français qui ont mal compris notre décision d’habiter une
ville avec une population importante d’origine d’Afrique du nord. Mais notre expérience en Angleterre nous a habituée aux communautés multiculturelles. La nouvelle mosquée de Lunel vient d’ouvrir ses portes, il y a quelques bouchers halals et on entend souvent la langue arabe dans les rues et cafés. Mais pour nous la culture plus traditionnelle de la région – les influences de l’Occitan, tous ce qui concerne les taureaux et les chevaux, même la culture
espagnole – nous semblaient plus étrange. Dans le fond, toutes les facettes de Lunel captent notre attention.P
Pour ceux qui ont demandé pourquoi nous avions choisi la ville nous avons répondu que, bien sûr, tout était question de goût. Bien nous admirons les
belles retraites rurales de certains de nos amis. Mais nous apprécions maintenant la proximité des services médicales, et nous faisons plus
d’exercice en marchant en ville, en faisant les courses en vélo, que que si nous prenions la voiture. Nous connaissons des amis isolés qui ont eu des
difficultés en cas d’urgence. D’autre part nous nous demandons si, dans 20 ans, les déplacements en voiture ne poseront pas de problèmes, ne serait
ce que pour l’environnement.
Lunel n'est pas une ville chic, et nous pensons que plusieurs de nos amis ont choisi de plus beaux cadres de vie, avec des magasins et marchés plus attrayants. Mais elle est une ville fonctionnelle, malgré son viel centre un peu ‘miteux’. La ville s’agrandit vite, elle
reste vivante malgré la crise économique, et de nouvelles installations comme la Médiatheque vont ouvrir tout à côté de chez nous. Lunel est tout
près des aéroports, de l’autoroute A9 et des trains. Mais surtout, très rapidement, elle est devenue notre ville à nous, avec de bons amis et voisins. C’est dire que nous ne regrettons rien !
Le symbole de la ville est l’homme qui pêche la lune dans le Canal de Lunel, le Pescalune. Ceux qui se disent comme 'pescalune' doivent être nés à Lunel; nous qui venons de l’extérieur sommes ‘Lunellois’. Mais moi, j’aime bien me dire 'presquelune', et j’espère, avec un peu de chance, être de plus en plus integré dans cette ville.